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Art Contemporain
KORCZOWSKI
"FRUITEE"

Janvier/Fevrier 2008
Galerie Nicole Ferry
57, quai des Grands Augustins
75006 Paris

Korczowski 2006"Fruitee" huile sur toile 130x97


 

FLAMBOYANCE " FRUITEE " par Bernard Point

Après une série végétale, abordons les moissons afin d'y récolter fleurs

et fruits. C'est ainsi qu'il faut découvrir cette nouvelle série de peintures toujours aussi

flamboyantes, mais " fruitées " cette fois, comme le titre très justement Bogdan Korczowski.

Un ensemble de huit toiles carrées fait dialoguer huit fleurs éclatées

au cœur du format. Il importe de les regarder comme des rosaces gothiques d'un transept

de cathédrale, qui souvent font rayonner leurs structures au centre d'un carré, afin de le faire

tourner sur lui même.

Bogdan, en accumulant les matières, en les recouvrant d'une chair de

peinture, en les faisant glisser à l'huile les unes sur les autres, donne déjà à ces fleurs la

sensualité de leur avenir " fruité " De lourds tracés sombres, à la manière des plombs des

vitraux, cernent des couleurs en feu, afin de contenir une passion née de " l'héroïsme

de prendre un pinceau " comme l'affirme l'artiste. C'est ainsi qu'il contient ses pulsions pour

privilégier le rayonnement exalté de ses fleurs aux pétales noyés sous une surabondance

de peinture. Le cœur de la fleur peut alors de toiles en toiles quitter le centre géométrique

pour se déplacer vers le haut, le bas, la droite ou la gauche, mais toujours, en dépit de velléités

d'échappement, rester contenu (même douloureusement) à l'intérieur du support.

Le peintre sait limiter sa fougue gestuelle aux limites qu'il s'est fixé.

De même, lorsqu 'il évoque sur d'autres toiles des roses tourbillonnantes, s'il évite le cœur

croisé, il multiplie des débris de courbes dans un cyclone baroque, mais sait dompter ce

désordre, grâce à un éclaircissement de sa palette.

La structure en croix va se retrouver dans le diptyque constitué de

toiles elles même carrées, dont la rencontre peut s'assimiler à la croisée de transept entre

deux rosaces. L'artiste toujours aussi généreux ne se contente pas de ce chiffre…il nous en

offre quatre !

C'est alors que nous pouvons quitter les carrés pour déguster de grands

formats verticaux qui cette fois ont fait mûrir de voluptueuses formes ovales. Cette

" sensualité végétale " comme le souligne l'artiste, met en évidence d'immenses fruits posés

sur des fonds tumultueux qui cachent sous une sorte de peau, leurs émois intérieurs. Comme

des mangues, à l'enveloppe austère, ces masses semblent destinées à être déchirées, afin de

nous proposer de mordre une matière " fruitée " pour mieux nous enfoncer au cœur d'une

chair sensuelle... Ces images synthétisent le propos permanent de l'artiste qui nous invite

à pénétrer sa peinture, qui au delà de sa protection extérieure n'est que flamboyance.

Bernard Point novembre 2007

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